La drépanocytose ne se résume pas aux crises douloureuses, aux hospitalisations répétées ou aux traitements médicaux. Derrière les manifestations physiques de cette maladie génétique se cache une autre réalité, souvent méconnue : celle de la souffrance psychologique vécue par les personnes atteintes et leurs proches. C’est pour attirer l’attention sur cette dimension encore trop peu prise en compte que l’association DREPALINE a organisé, le 20 juin 2026, une conférence publique placée sous le thème « Drépanocytose et santé mentale, un double combat ».
Cette rencontre a réuni des professionnels de la santé, des spécialistes de la santé mentale, des étudiants ainsi que des citoyens engagés autour d’un même objectif : mieux comprendre les défis psychologiques liés à la drépanocytose et encourager la mise en place d’un accompagnement plus global des patients. À travers cette initiative, l’association entend contribuer à la construction d’un véritable réseau de soutien communautaire capable de répondre aux besoins physiques, mais aussi émotionnels et sociaux des personnes concernées.
Prenant la parole au cours de la conférence, la présidente de DREPALINE, Salma Sawadogo, a souligné la nécessité de dépasser la seule approche médicale de la maladie. Selon elle, les personnes vivant avec la drépanocytose font face à des difficultés psychologiques importantes qui restent souvent invisibles aux yeux de la société. L’incertitude liée à la survenue des crises, l’anxiété permanente, le sentiment d’isolement, la stigmatisation et la perte de confiance en soi constituent autant d’épreuves qui affectent leur qualité de vie au quotidien.

Pour Salma Sawadogo, les préjugés et les regards portés sur les malades peuvent parfois aggraver leur souffrance. Elle rappelle que les mots, les attitudes et les jugements ont un impact réel sur le bien-être mental des personnes atteintes. Cette pression sociale, ajoutée aux contraintes imposées par la maladie, peut devenir un fardeau difficile à porter.
Au-delà du constat, la conférence a également porté un message d’espoir et d’inclusion. La présidente de DREPALINE a insisté sur le fait que la drépanocytose ne doit pas définir l’identité ni limiter les ambitions des personnes qui en sont atteintes. Comme tous les citoyens, elles disposent de talents, de compétences et de projets de vie qui méritent d’être reconnus et valorisés.
À travers cette mobilisation, DREPALINE lance un appel à l’ensemble des acteurs du système de santé, aux familles et à la société afin que la prise en charge de la drépanocytose intègre pleinement la dimension psychologique. Car si les soins médicaux sont indispensables pour soulager le corps, l’accompagnement psychosocial demeure tout aussi essentiel pour permettre aux patients de vivre avec dignité, confiance et espoir.
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