Ce dimanche 1er mars 2026, la République islamique d’Iran a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, son Guide suprême depuis 1989, à l’âge de 86 ans. La nouvelle a été annoncée par les médias d’État alors que le pays traverse une période de conflit régional inédit, ayant récemment subi des frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël.
Une figure historique qui disparaît
Khamenei, tout au long de ses près de 37 ans de pouvoir, a incarné l’autorité ultime de l’Iran. Politique, religieuse, militaire et judiciaire : rien n’échappait à son contrôle. Sous son règne, l’Iran s’est structuré autour d’une théocratie rigoriste, où l’Islam révolutionnaire chiite a servi de cœur idéologique à la gouvernance et à la politique étrangère du pays.
Son influence s’est exercée autant à l’intérieur — par des crackdowns sévères contre les manifestants, notamment pendant les mouvements de protestation de 2009, 2019 et 2022 — qu’à l’extérieur, en soutenant des groupes régionaux alliés contre les États-Unis et Israël.
Mort confirmée dans un contexte de guerre
L’annonce de sa mort survient au cœur d’un affrontement intensifié au Moyen-Orient, suite à des opérations militaires menées par Israël et les États-Unis. Le Premier ministre israélien a même déclaré que la frappe avait détruit le complexe du Guide suprême en plein Téhéran, qualifiant Khamenei de figure centrale du “terrorisme régional” — des mots forts qui traduisent l’ampleur de l’escalade diplomatique.
Face à cette situation, les autorités iraniennes ont décrété 40 jours de deuil national et une semaine de jours fériés, signe d’une volonté d’unité autour de la figure du défunt.
Le vide du pouvoir et la succession : un processus encadré mais incertain
Selon la Constitution iranienne, le Guide suprême est choisi par l’Assemblée des Experts, un corps composé de 88 religieux élus qui détient le monopole de cet important scrutin. Cette institution doit désormais se réunir « dès que possible » pour élire officiellement le nouveau chef de l’État et de la révolution.
Mais en attendant :
Un Conseil de leadership provisoire a été mis en place pour assurer la continuité de l’État. Celui-ci comprend le président Masoud Pezeshkian, le chef de la justice Gholamhossein Mohseni Ejei, et un représentant du Conseil des Gardiens, désigné par le Conseil d’Expédition de Discernement. Cette configuration inédite mêle figures réformistes et conservatrices dans un moment clé de la vie politique iranienne.
Ce conseil assume les fonctions du Guide avant l’élection constitutionnelle formelle.
Qui pourrait être le prochain Guide suprême ?
Aucun candidat n’a encore été officiellement désigné. Le secret entourant les préparatifs de succession est profond, mais plusieurs noms circulent rétrospectivement comme des candidats potentiels :
Mojtaba Khamenei — fils du défunt Guide, souvent perçu comme influent auprès des élites militaires, notamment l’IRGC (Gardiens de la Révolution). Malgré son manque d’expérience officielle, son lien familial et ses connexions militaires jouent en sa faveur pour certains observateurs.
Sadegh Larijani — un religieux expérimenté et ancien chef judiciaire connu pour sa stature au sein du clergé chiite.
D’autres figures influentes, comme Mohsen Qomi ou Alireza Arafi, sont également mentionnées dans certains rapports internationaux comme des alternatives viables, en particulier pour garantir un équilibre entre orthodoxie religieuse et stabilité politique.
La désignation du prochain Guide suprême n’est pas seulement une formalité religieuse : elle décidera de l’orientation future de l’Iran, tant en politique intérieure qu’en relations internationales.
Quelles conséquences pour l’Iran et le monde ?
La transition vers un nouveau Guide suprême est un moment chargé d’incertitudes. Dans un contexte déjà explosif — entre tensions géopolitiques, confrontations régionales et pressions internationales — la question de savoir si l’Iran va maintenir son cap actuel, durcir encore sa posture ou amorcer une ouverture demeure ouverte.
Ce changement historique marque la fin d’une ère et pose une nouvelle question : l’Iran pourra-t-il se réinventer ou s’enliser davantage dans un cycle d’autoritarisme et de conflits ?
La rédaction







