Le 8 mai 2026, la ville de Koudougou a été le théâtre d’une importante opération de contrôle menée par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF). Cette intervention a conduit à la découverte d’une quantité considérable de produits alimentaires périmés et de matières premières impropres à la consommation au sein de l’entreprise de transformation Faso Épicerie.
Selon les autorités, plus de 500 000 sacs de produits, représentant environ 5 000 tonnes de marchandises, ont été retrouvés dans plusieurs magasins de stockage de l’entreprise. Les agents de contrôle évoquent également l’utilisation de matières premières périmées dans la fabrication de produits destinés au marché national, une situation jugée particulièrement préoccupante pour la santé publique.
Le coordonnateur national de lutte contre la fraude, Dr Mohamadi Compaoré, a dénoncé des pratiques contraires aux normes établies pour garantir la sécurité des consommateurs.
« Nous avons constaté des produits qui n’obéissent pas aux principes établis pour protéger la sécurité et la santé des consommateurs », a-t-il déclaré lors de la visite des lieux.

Parmi les irrégularités relevées figurent des soupçons d’antidatage des emballages. D’après les premiers éléments de l’enquête, certains produits récemment fabriqués portaient des dates de production et de péremption falsifiées afin de prolonger artificiellement leur durée de commercialisation.
Les contrôleurs signalent également la présence de glutamate de sodium et d’autres matières premières conservées dans des conditions jugées inadéquates. Des équipements destinés au reconditionnement et au marquage des emballages auraient été saisis au cours de l’opération.
Les autorités rappellent que ces pratiques sont sévèrement sanctionnées par la législation burkinabè, notamment par la loi n°016-2017/AN du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso. Les textes prévoient des amendes pouvant aller de 500 000 à 500 millions de francs CFA ainsi que des peines d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans en cas de tromperie du consommateur ou de mise en danger de la santé publique.
Dans le cadre de la procédure en cours, la Coordination nationale de lutte contre la fraude a engagé des auditions afin de situer les responsabilités. Aux dernières nouvelles, le responsable de l’entreprise ainsi que deux de ses techniciens ont été interpellés pour les besoins de l’enquête.

En attendant les conclusions définitives, les autorités invitent les populations à faire preuve de vigilance face aux produits alimentaires présents sur le marché.
« Les populations doivent redoubler d’attention afin d’éviter la consommation de produits potentiellement nuisibles à leur santé », a insisté Dr Mohamadi Compaoré.
Au-delà du fait divers, cette affaire relance le débat sur le respect des normes sanitaires et la responsabilité des acteurs économiques dans la protection des consommateurs. Dans un contexte où la confiance entre producteurs, commerçants et citoyens demeure essentielle à la stabilité sociale, la lutte contre la fraude apparaît comme un levier important pour préserver la santé publique, renforcer la justice économique et consolider la cohésion sociale au Burkina Faso.
Moïse BADO







