Du 28 septembre au 1er octobre 2026, journalistes et communicateurs ont suivi une formation consacrée aux technologies nucléaires, un domaine encore peu traité dans les médias. Elle s’est achevée par la naissance d’un réseau de 11 membres et par un appel à une information plus rigoureuse, accessible et responsable.
Placée sous le thème « Technologies nucléaires au service du développement du Burkina Faso : renforcer les capacités des communicants publics et des acteurs des médias pour une information scientifique fiable, responsable et accessible », la session était organisée par l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA), en partenariat avec le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme.
Les participants, journalistes et directeurs de la communication et de la presse ministérielle (DCRP), ont abordé les applications socio-économiques du nucléaire, le programme électronucléaire, les opportunités d’emploi, le droit nucléaire, ainsi que la sûreté et la sécurité nucléaires. Un module a aussi porté sur le rôle des journalistes et des communicateurs.
À l’issue de la formation, un réseau a été créé : le Réseau des journalistes et communicateurs pour les technologies nucléaires au Burkina Faso (RJCTN-BF).
Au-delà des connaissances acquises, la désinformation a occupé une place importante dans les débats. Son président, David Saba, a relevé que de fausses informations circulent déjà sur les réseaux sociaux. « Des vidéos montrent que le Burkina Faso est en train de construire une centrale nucléaire. C’est une fausse information », a-t-il indiqué.

Face à ce constat, les journalistes sont invités à vérifier les informations avant toute diffusion, à replacer les faits dans leur contexte et à éviter les exagérations. Les technologies nucléaires peuvent intervenir dans la santé, l’agriculture, l’eau, l’environnement et l’industrie, autant de domaines qui appellent une couverture médiatique rigoureuse et pédagogique.
Pour le Secrétaire général de l’ABEA, Drissa Modeste Sessouma, la formation a permis de franchir une étape importante. Il rappelle que l’agence, créée en Conseil des ministres le 14 août 2024, a pour mission de contribuer à l’élaboration et au suivi des politiques nationales dans le domaine nucléaire, ainsi qu’à celle du cadre juridique.

« Communiquer sur le nucléaire est une responsabilité nationale. Il ne s’agit ni de banaliser les risques, ni de susciter des peurs, mais de transmettre une information exacte, pédagogique, équilibrée et fondée sur les faits », a-t-il déclaré.
S’adressant aux participants, il a ajouté : « Vos plumes, vos caméras, vos micros et votre capacité à expliquer peuvent rapprocher la science des populations. » Il les a invités à faire du réseau « un espace permanent d’échange, de veille, de formation et de production d’une information de qualité ».
Représentant le ministre de la Communication, Salifou Ouarma a salué la mise en place du réseau, qu’il souhaite « vivant, vigoureux et vraiment proactif ». Il a exhorté les médias à ne pas se limiter à la couverture des activités de l’ABEA, mais à se saisir de sujets d’initiative. L’objectif est que chacun, « depuis les experts jusqu’au paysan », comprenne et adhère à un programme qui requiert l’adhésion de tous.

Il a par ailleurs rappelé que l’idée de cette formation est née lors d’un conseil de cabinet du ministère, où l’ABEA était venue présenter le programme et la contribution attendue du département de la communication. M. Ouarma a également lancé un plaidoyer pour la création d’un prix spécial ABEA lors des prochains prix Galian.
Dans le message du ministre dont il a donné lecture, ce dernier a félicité l’ensemble des participants pour leur assiduité et la qualité des échanges. Il y souligne que « le journalisme doit informer, le communicateur doit expliquer, la science doit démontrer », afin de bâtir une culture scientifique nationale fondée sur la rigueur, la responsabilité et la confiance. Il demande aux professionnels des médias de traiter ces questions avec sens de l’intérêt général, « sans banaliser les risques », mais sans laisser les préjugés ou la désinformation occulter les opportunités offertes par les usages pacifiques de l’atome.
La cérémonie de clôture s’est achevée sur un souhait partagé : que cette formation marque le début d’une mobilisation durable. Le nouveau réseau, composé de 11 membres, devra désormais traduire ces engagements en productions de qualité, au service d’une information scientifique fiable pour les populations burkinabè.
Clément KABA








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