Ouagadougou a abrité, ce mardi 15 septembre 2026, l’ouverture officielle de la 8e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée pour la première fois à la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’Alliance des États du Sahel (SEMH-AES). Placée sous le thème « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques et opportunités pour les États africains », la rencontre réunit ministres, experts, investisseurs, chercheurs et représentants de la société civile venus du Mali, du Niger, d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs.
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre, chef du gouvernement, a présenté ce couplage comme un acte politique fort. « Le couplage de ces deux activités n’est pas un simple choix d’agenda. Il traduit une vision intégrée et une volonté politique », a-t-il déclaré, avant de rappeler la richesse du sous-sol de l’espace AES : or, lithium, uranium, fer, phosphates, pétrole et un potentiel solaire important.

Pour le chef du gouvernement, disposer de ces ressources ne suffit pas. « Le véritable enjeu est de les connaître, de les sécuriser, de les transformer et d’en répartir équitablement les retombées », a-t-il insisté, fixant quatre priorités : la sécurisation des sites et infrastructures, la transformation locale des matières premières, la maîtrise de la gouvernance et des données géologiques, ainsi que la souveraineté énergétique.
Le Premier ministre est également revenu sur les avancées institutionnelles déjà engagées au sein de la Confédération des États du Sahel. « Le 13 août dernier, à Ouagadougou, les ministres chargés de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES ont validé des instruments communs », a-t-il rappelé, citant notamment une convention-cadre pour l’exploitation des ressources énergétiques et minières et l’institution d’une semaine annuelle tournante consacrée à ces secteurs.

S’adressant directement aux investisseurs, il a posé les conditions d’un partenariat gagnant : « Nous attendons des investisseurs qu’ils contribuent à la création de valeur locale, au transfert de technologies et de compétences, au financement de l’industrialisation et au développement durable de nos territoires. » Il a également lancé un appel à la jeunesse sahélienne à investir les métiers de la géologie, des mines, des hydrocarbures et des énergies renouvelables, avant de déclarer officiellement ouverte la double manifestation.
De son côté, le président du comité d’organisation, Doulaye Sanou, a salué dans une interview la dimension inédite prise par cet événement. « Le couplage de la SAMAO avec la première édition de la SEM-AES donne à cette édition une dimension nouvelle. Il permet de réunir dans un même espace décideurs publics, experts, investisseurs, chercheurs et représentants de la société civile », a-t-il expliqué.

M. Sanou a détaillé un programme dense : panels de haut niveau, sessions plénières sur la géopolitique et la valorisation des ressources, sessions techniques sur le cadastre minier et la recherche géologique, rencontres B2B, expositions et visites de terrain. Il a par ailleurs tenu à remercier les autorités, les partenaires et l’ensemble du comité d’organisation pour la mobilisation ayant permis la tenue de l’événement au Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO).
Les travaux, qui se poursuivent au cours des prochains jours, devront déboucher sur des recommandations opérationnelles concernant l’harmonisation des politiques énergétiques et minières de l’espace AES, ainsi que sur de nouveaux partenariats technologiques et financiers pour la sous-région.
Dramane FAYAMA







