La 17e édition de la Foire aux Semences et des Innovations Agricoles de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) a officiellement ouvert ses portes le vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou. Placée sous le haut patronage du Premier ministre, représenté par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano, cette rencontre met en lumière le rôle stratégique de la recherche agricole dans la quête de la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Pendant trois jours, chercheurs, producteurs agricoles, étudiants et partenaires se retrouvent pour échanger autour de la recherche agricole. L’objectif est de faire connaître les innovations et de faciliter l’accès des producteurs à des semences améliorées et certifiées. Ces semences contribuent à augmenter la production agricole.
Cette édition se tient sous le thème : « Engagement de l’État, traçabilité semencière et innovations agricoles, leviers stratégiques de l’offensive agropastorale pour une souveraineté alimentaire au Burkina Faso ». Un thème qui s’inscrit dans la dynamique de l’offensive agropastorale et halieutique engagée par les autorités burkinabè afin de renforcer durablement la sécurité alimentaire nationale.

À l’ouverture des travaux, le Pr Adjima Thiombiano a rappelé les efforts consentis par l’État pour soutenir le secteur agricole. Selon lui, plus de 104 milliards de francs CFA ont été investis dans l’acquisition d’intrants performants, de tracteurs et de motoculteurs au profit des producteurs. Il a souligné que le succès de cette offensive repose sur trois piliers majeurs : l’engagement continu de l’État, la traçabilité des semences et l’innovation agricole.
« Pour que cette offensive soit un succès total, nous devons actionner simultanément trois leviers fondamentaux mis en exergue par le thème de la présente édition : l’engagement de l’État, la traçabilité semencière et l’innovation agricole », a-t-il déclaré.
Le ministre a notamment insisté sur l’importance de la traçabilité semencière, présentée comme un rempart contre les contrefaçons et un outil essentiel pour garantir la qualité et le potentiel de rendement des semences mises à la disposition des producteurs.
Il a également appelé les chercheurs à développer davantage de variétés adaptées aux réalités climatiques du Burkina Faso, capables de résister aux aléas environnementaux tout en améliorant les performances agricoles.« Face aux aléas climatiques et à la dégradation des écosystèmes, nos chercheurs doivent concevoir les armes de notre résilience : des variétés résistantes aux intempéries et à cycles courts », a conseillé le ministre.

Parrain de l’événement, le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a mis en avant les liens étroits entre agriculture et santé publique. Selon lui, la qualité de l’alimentation commence dès la semence.
« La semence est le premier déterminant de la santé nutritionnelle de notre population », a déclaré le ministre, rappelant l’importance de la nutrition dans la prévention de nombreuses maladies.
De son côté, le directeur général de l’INERA, Dr Drissa Sérémé, a salué l’accompagnement des autorités en faveur de la recherche agricole. Il a révélé que plus de 200 millions de francs CFA ont été mobilisés cette année au profit de la recherche environnementale et agricole, traduisant ainsi la confiance accordée aux chercheurs pour apporter des solutions adaptées aux défis du secteur.

Selon lui, cette 17e édition marque un tournant important avec la décision de l’État de racheter l’intégralité de la production de semences de base de plusieurs spéculations stratégiques. Une mesure qui vise à renforcer la traçabilité des semences certifiées et à sécuriser davantage les filières agricoles.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par une visite des stands d’exposition et par une remise symbolique de semences de base au représentant du ministère en charge de l’Agriculture. Ce geste consacre le nouveau dispositif d’approvisionnement destiné à garantir une meilleure organisation du secteur semencier national.

Prévue jusqu’au 31 mai 2026 au siège de l’INERA à Ouagadougou, la foire se veut un cadre privilégié d’échanges entre chercheurs et producteurs. Elle ambitionne de favoriser l’adoption des innovations agricoles afin d’accroître la productivité, renforcer la résilience du monde rural et contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Saïbata GUIRO







