Un premier groupe d’environ 300 ressortissants ghanéens a quitté le l’Afrique du 27 mai 2026 l’Afrique du Sud pour regagner le Ghana, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences xénophobes et anti-immigrés. L’annonce a été faite par les autorités ghanéennes.
Au total, près de 800 Ghanéens devraient être rapatriés volontairement grâce à des vols affrétés par le gouvernement ghanéen. Cette opération intervient après plusieurs manifestations et actes de violence visant des étrangers dans la « nation arc-en-ciel ». Le gouvernement ghanéen a indiqué que les personnes évacuées bénéficieront d’un accompagnement à leur retour, notamment d’une aide financière à la réinsertion ainsi que d’un soutien psychosocial.
La situation a suscité une vive émotion ces derniers jours après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant l’agression présumée d’un ressortissant ghanéen, Emmanuel Asamoah, vivant en Afrique du Sud. Les images, largement relayées, ont ravivé les inquiétudes autour des violences xénophobes récurrentes dans le pays. Les autorités sud-africaines ont toutefois affirmé que seulement dix des 300 Ghanéens évacués disposaient de documents en règle pour séjourner dans le pays.
Selon Pretoria, la majorité des personnes concernées auraient dépassé la durée légale de leur séjour. D’autres opérations de rapatriement sont déjà prévues. Un second vol à destination d’Accra devrait notamment être organisé dimanche, selon un responsable ghanéen présent à l’aéroport de Johannesburg. Certaines personnes rapatriées avaient auparavant été placées au centre de rétention de Lindela pour des questions liées à l’immigration.

L’Afrique du Sud est considérée comme l’économie la plus industrialisée d’Afrique. Depuis plusieurs décennies, le pays attire des travailleurs venus de nombreux États africains, en situation régulière ou non.
Mais le chômage élevé, qui dépasse 30 %, nourrit régulièrement des tensions sociales. Cette situation favorise aussi des mouvements hostiles aux migrants.
Ces nouvelles violences relancent le débat sur la xénophobie et la libre circulation en Afrique. Le Ghana appelle désormais à une mobilisation plus forte des institutions continentales, notamment de l’Union africaine.
Accra estime que ces attaques répétées menacent les ambitions d’intégration du continent ainsi que les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Moïse BADO







