Ouagadougou, 11 février 2026 – Le Burkina Faso engage officiellement sa réflexion stratégique de long terme. Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a procédé ce mercredi à l’installation de 30 experts réunis au sein du Groupement opérationnel d’experts en prospective (GOEP).
Cette initiative marque une étape majeure dans la planification du développement national, avec un objectif ambitieux : définir la trajectoire économique du Burkina Faso à l’horizon 2060.
Une vision structurée pour les décennies à venir
Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux, le gouvernement entend anticiper l’avenir plutôt que le subir. Le GOEP aura pour mission d’élaborer une vision claire et cohérente du développement économique du pays, basée sur :
- des scénarios prospectifs crédibles ;
- des trajectoires chiffrées et mesurables ;
- des choix stratégiques structurants et courageux.
L’approche prospective vise à projeter le Burkina Faso dans les 35 prochaines années, en tenant compte des mutations mondiales : transition énergétique, révolution numérique, souveraineté alimentaire, industrialisation, dynamique démographique et recomposition géopolitique.
Anticiper pour mieux décider
Le ministre Aboubakar Nacanabo a insisté sur la nécessité de sortir d’une gestion à court terme pour inscrire l’action publique dans une logique de transformation durable. Selon lui, le Burkina Faso doit se doter d’une boussole stratégique capable d’orienter les politiques publiques, les investissements et les partenariats sur plusieurs décennies.
Le GOEP devra ainsi répondre à des questions fondamentales :
Quelle structure économique pour le Burkina Faso en 2060 ?
Quelle place pour l’agriculture, l’industrie et les services ?
Comment transformer la richesse minière en levier d’industrialisation ?
Quelle stratégie pour absorber la croissance démographique ?
Comment bâtir une économie résiliente face aux chocs extérieurs ?
Une responsabilité historique
L’installation de ces 30 experts intervient à un moment charnière de l’histoire nationale. Le pays aspire à la souveraineté économique et à l’autosuffisance, dans un environnement régional et international en mutation.
Le travail du GOEP ne sera pas simplement technique. Il portera une responsabilité stratégique : proposer une vision capable de mobiliser l’ensemble des forces vives — État, secteur privé, diaspora, partenaires techniques et financiers — autour d’un projet commun.
Vers un Burkina 2060 plus souverain et prospère ?
Si les conclusions du GOEP sont traduites en politiques cohérentes et suivies dans le temps, le Burkina Faso pourrait amorcer une transformation structurelle profonde : diversification économique, montée en gamme industrielle, valorisation locale des ressources naturelles et renforcement du capital humain.
L’horizon 2060 peut sembler lointain, mais c’est aujourd’hui que se dessinent les fondations de cette ambition.
La prospective n’est pas un exercice théorique. Elle est un acte de souveraineté.
La Rédaction – La Colombe Plus







