Le 21 septembre 2025, Ouagadougou a accueilli des milliers de citoyens, leaders religieux, coutumiers et politiques, dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la Paix. L’événement, placé sous le parrainage du Premier ministre, a été l’occasion de rappeler l’urgence de bâtir des passerelles entre les communautés, d’apaiser les tensions sociales et de promouvoir une culture de la paix au quotidien.
C’est une Place de la Nation comble qui a servi de théâtre à cette célébration. Dès les premières heures de la matinée, les foules se sont rassemblées, arborant des tenues traditionnelles colorées, des banderoles appelant à la paix et des pancartes de soutien au vivre-ensemble. Les tambours résonnaient, les chants s’élevaient dans l’air et, partout, on sentait la même volonté : faire de cette journée un symbole d’unité et de résilience nationale. Le Premier ministre, représentant le Chef de l’État, a donné le ton dans son discours inaugural : « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, c’est la présence de la justice, du dialogue et de la fraternité. Chaque Burkinabè doit se sentir dépositaire de cet héritage et en être le gardien. »
Un rassemblement citoyen inédit
L’événement a réuni des représentants des treize régions du pays, témoignant de l’élan national pour cette cause. Dans les gradins et sur le terrain, on pouvait voir côte à côte des communautés parfois séparées par des tensions historiques, mais aujourd’hui unies par le même message : « Plus jamais ça ». La cérémonie a débuté par l’hymne national, repris en chœur par la foule, donnant le ton d’une journée d’espérance. Puis se sont succédé des interventions de responsables religieux, coutumiers et associatifs. L’Archevêque de Ouagadougou, le Grand Imam et des chefs traditionnels mossi et gourounsi ont tour à tour rappelé que la paix est un bien sacré, au-dessus des clivages politiques et communautaires.
La culture comme ciment de l’unité nationale
Un des temps forts fut l’hommage rendu à la parenté à plaisanterie, cette pratique sociale qui permet de désamorcer les tensions par l’humour. Sur scène, des duos de comédiens ont reproduit les célèbres échanges de moqueries entre Peulh et Bobo, Gourounsi et Bissa, sous les applaudissements nourris du public. Ces saynètes, à la fois légères et profondes, rappelaient que le rire reste une arme de paix. Des troupes de danse venues de Dori, Banfora, Gaoua et Kaya ont également offert un spectacle grandiose, mêlant percussions, masques et chorégraphies, dans une ambiance où la joie de se retrouver surpassait les divisions.
Un dialogue intergénérationnel fécond

L’après-midi a été consacrée à des ateliers de dialogue, regroupant jeunes, femmes, leaders communautaires et représentants des autorités. Les participants ont débattu de sujets sensibles : la stigmatisation de certaines communautés, la radicalisation des jeunes, la marginalisation des femmes dans les processus de décision. Des solutions concrètes ont émergé : instaurer des clubs de paix dans les écoles, multiplier les campagnes de sensibilisation dans les quartiers, encourager les programmes de formation en médiation communautaire. Un jeune déplacé interne, originaire de la région du Sahel, a témoigné : « J’ai perdu ma maison et une partie de ma famille à cause du terrorisme. Mais aujourd’hui, en voyant toutes ces personnes réunies pour la paix, je crois que notre pays peut se relever. » Ce témoignage a ému l’assistance et rappelé que derrière les statistiques se cachent des histoires humaines qui appellent à l’action. Dans son discours, le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures fortes : la relance du programme d’éducation civique dans les écoles, la mise en place de cadres de concertation régionaux pour prévenir les conflits, et l’accompagnement des initiatives citoyennes de promotion de la paix. Les partenaires techniques et financiers présents ont également exprimé leur disponibilité à soutenir ces efforts. Des représentants de l’Union africaine et des Nations Unies ont rappelé que la stabilité du Burkina Faso est essentielle à toute la sous-région.
Des défis toujours présents
La cérémonie n’a pas occulté les réalités : les attaques terroristes qui continuent de semer la peur dans certaines régions, les tensions foncières, les rivalités communautaires. Mais loin de décourager, ces défis ont renforcé la détermination des participants à bâtir un pays où chaque citoyen peut vivre en sécurité. La Journée internationale de la Paix 2025 restera comme une étape importante du chemin vers la réconciliation nationale. Au-delà des discours et des célébrations, le message central était clair : la paix est l’affaire de tous. Elle se cultive dans les foyers, dans les cours d’école, dans les mosquées et les églises, dans les marchés et les champs. Les participants sont repartis avec la conviction qu’un Burkina Faso apaisé est possible, si chacun accepte de faire un pas vers l’autre. Les prochaines semaines seront décisives pour transformer cette énergie en actions concrètes. Des comités de suivi seront mis en place pour évaluer les engagements pris et s’assurer que les promesses ne restent pas lettre morte. Si cette dynamique se poursuit, Ouagadougou 2025 pourrait devenir un symbole de renaissance pour tout le pays, inspirant d’autres villes à organiser leurs propres journées de dialogue et de fraternité.
Alex le bon







