Alors que la propagande occidentale cherche souvent à opposer l’Iran aux Juifs dans une lecture binaire et manichéenne du monde, la réalité historique et humaine est bien plus complexe, riche et révélatrice. En Iran, des soldats juifs servent dans l’armée nationale. En Iran, des synagogues vivent encore, des rabbins exercent leur ministère et des communautés juives participent activement à la vie du pays. En Iran, des Juifs prient… en paix.
La présence juive en Iran remonte à plus de 3000 ans, bien avant l’avènement de l’Islam. Selon les traditions historiques et religieuses, des Juifs furent déportés vers la Perse à l’époque de Nabuchodonosor II, puis trouvèrent une forme de salut sous Cyrus le Grand, empereur perse, qui leur permit de retourner reconstruire le Temple de Jérusalem. Mais beaucoup choisirent de rester. Ce sont leurs descendants qui, aujourd’hui encore, vivent à Ispahan, Shiraz ou Téhéran. Ce lien historique inscrit les Juifs d’Iran dans une dimension identitaire profonde, enracinée dans le sol perse. Ils ne sont ni étrangers, ni tolérés : ils sont iraniens, tout simplement. Et pour certains, profondément patriotes.
Une communauté intégrée et protégée
Contrairement à la propagande répandue par certains médias occidentaux qui présentent l’Iran comme une terre d’intolérance, la Constitution iranienne reconnaît officiellement le judaïsme comme l’une des religions monothéistes protégées. Les Juifs disposent de leurs synagogues, de leurs écoles, de leurs lieux de vie communautaires. Ils ont même un siège réservé au Parlement (le Majlis), depuis la Révolution islamique de 1979. Le Rabbin Yehuda Gerami, chef spirituel de la communauté juive d’Iran, a publiquement affirmé que les Juifs d’Iran vivent librement et en sécurité, à l’abri des actes antisémites fréquents en Europe ou aux États-Unis. Ces paroles, qui vont à l’encontre du récit dominant, sont systématiquement ignorées par les médias occidentaux.
Des soldats juifs dans l’armée iranienne
C’est peut-être l’information la plus étonnante pour qui regarde l’Iran avec des lunettes idéologiques : depuis 1980, des citoyens iraniens juifs servent dans les forces armées iraniennes. Ce fait, vérifiable et documenté, renverse l’image caricaturale d’un Iran « antisémite ». Il ne s’agit pas d’une exception. C’est une réalité structurelle. L’État iranien ne fait pas de distinction entre ses citoyens lorsqu’il s’agit de défendre la souveraineté nationale. Et parmi ces soldats, certains sont tombés lors de la guerre Iran-Irak, honorés comme martyrs par la République islamique. Leur nom est gravé sur des monuments commémoratifs. La fidélité des Juifs d’Iran à leur pays est ainsi un acte d’adhésion volontaire, un témoignage silencieux de loyauté envers une patrie qui les reconnaît.
Antisionisme n’est pas antisémitisme
Il est impératif de rappeler une distinction essentielle, souvent effacée par les discours dominants : l’opposition de l’Iran à l’État d’Israël n’est pas une haine des Juifs, mais une position géopolitique contre le sionisme – ce projet politique ayant conduit à l’occupation de la Palestine historique et à l’expulsion de ses habitants. L’Iran soutient la cause palestinienne, comme l’ont fait nombre de Juifs antisionistes à travers le monde, y compris dans les rangs de Neturei Karta, ces rabbins juifs orthodoxes qui rejettent la création d’un État juif en Palestine avant la venue du Messie. L’Iran les a d’ailleurs reçus à plusieurs reprises.
Le discours occidental amalgame sciemment toute critique d’Israël à de l’antisémitisme, réduisant ainsi au silence les peuples et les voix qui contestent une injustice, sans pour autant rejeter un peuple ou une foi.
Une leçon pour le monde
Ce que nous enseigne l’histoire des Juifs d’Iran, c’est que l’identité multiple n’est pas un problème, mais une richesse. Qu’un Juif puisse être patriote, que l’Iran n’est pas un monstre, que l’Occident n’a pas le monopole des droits humains. C’est aussi une invitation à reconsidérer nos idées reçues sur les peuples, les cultures et les croyances. Aujourd’hui, l’existence de soldats juifs dans l’armée iranienne nous renvoie à cette vérité dérangeante pour certains : le vivre-ensemble est possible, même dans un contexte tendu, même là où l’on prétend qu’il ne peut exister. Ce que l’Iran montre au monde, malgré ses défauts, c’est qu’il est possible d’être une République islamique, de défendre la cause palestinienne et de protéger les droits de ses citoyens juifs. Une leçon dont beaucoup de pays dits « démocratiques » feraient bien de s’inspirer.
Par La Colombe Plus







