La 11ᵉ promotion de l’École nationale de la Garde de sécurité pénitentiaire (ENGSP/INGSP) a été officiellement présentée ce mardi 19 mai 2026. Baptisée « CIN-PÒ », un terme en langue lyélé signifiant « Engagement », cette promotion est composée de 382 nouveaux agents, dont 30 femmes. Elle se répartit comme suit : 5 inspecteurs, 10 contrôleurs et 367 assistants de sécurité pénitentiaire.
La cérémonie, placée sous le parrainage du Capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin MEDAH, Ministre-directeur du cabinet du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des autorités judiciaires, militaires, coutumières et religieuses.
Dans son discours, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a insisté sur la dimension stratégique du métier pénitentiaire dans le contexte sécuritaire actuel du Burkina Faso.
« La prison est un lieu de garde mais elle doit aussi être un espace de vigilance stratégique. Elle peut être un rempart contre la récidive, la radicalisation et les réseaux criminels », a-t-il déclaré.

Le ministre a souligné que la formation ne devait plus se limiter à la simple surveillance carcérale, mais intégrer désormais une approche professionnelle en phase avec les défis actuels, notamment le radicalisme violent, le prosélytisme et les menaces hybrides en milieu pénitentiaire.
Il a ainsi exhorté les nouveaux agents à faire preuve de fermeté, de discernement et d’humanité dans l’exercice de leurs fonctions, avant de rappeler cette célèbre citation de Nelson Mandela : « On ne connaît véritablement une nation qu’après avoir visité ses prisons. »
Par ailleurs, il rassure la direction de l’école sur le soutien continu du gouvernement pour moderniser les infrastructures, renforcer le cadre pédagogique et actualiser les programmes de formation.
Le délégué de la promotion, l’élève inspecteur Ida-Paul Paré, a exprimé la gratitude des stagiaires envers leurs formateurs, leurs familles et les autorités.
Il a également relevé plusieurs défis infrastructurels, notamment l’insuffisance de la salle informatique, de la bibliothèque et des moyens logistiques, tout en réaffirmant l’engagement solennel de la promotion :
« Nous prenons à ce jour l’engagement solennel de servir avec honneur, dévouement et loyauté, et de contribuer, chacun à son niveau, au renforcement de la sécurité et de la justice au Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Le Directeur général de l’école, l’Inspecteur divisionnaire Abdoulaye Sidibé, a présenté les résultats académiques de cette 11ᵉ promotion, marqués par un taux de réussite global très élevé. Il a notamment salué les performances des majors, dont les moyennes dépassent 16,89/20.
Il a également rappelé les quatre grandes phases de la formation, à savoir l’instruction militaire, la pédagogie générale, l’application pratique ainsi que la recherche, spécifiquement destinée aux inspecteurs.
Un métier exigeant au cœur de la souveraineté
Le parrain de la promotion, le Capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin MEDAH, Ministre-directeur du cabinet du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a exhorté les nouveaux agents à consulter régulièrement un passage clé du manifeste de la justice relative à la réinsertion et à la réhabilitation des détenus. Il les a invités à voir leur rôle non seulement comme une mission de sécurité, mais aussi comme une contribution à la reconstruction sociale et à la stabilité nationale.

La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance solennelle, marquée par un vibrant hommage aux forces de défense et de sécurité tombées au champ d’honneur et par des appels répétés à la discipline, à la loyauté et à l’engagement patriotique.
Avec cette 11e promotion, l’administration pénitentiaire burkinabè renforce ses effectifs et affirme sa détermination à faire des établissements pénitentiaires des lieux de sécurité, de réinsertion et de respect de la dignité humaine, conformément à la vision des plus hautes autorités du pays.
Saïbata GUIRO







