Patrimoine cinématographique : le Burkina veut bâtir le grand musée de la mémoire du cinéma africain

Le Burkina Faso veut consolider son statut de capitale du cinéma africain. À l’occasion du Mois du patrimoine national, l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA), à travers la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, organise du 11 au 13 mai 2026 une exposition du patrimoine filmique africain couplée à un colloque sur le thème : « Patrimoine cinématographique et évolution technologique ». Une initiative qui remet au cœur du débat la question de la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle africaine.

Installée au siège de l’ex-CES à Ouagadougou, l’exposition retrace plusieurs décennies d’histoire du cinéma africain. Les visiteurs y découvrent d’anciennes caméras, des appareils photographiques, des pellicules, des projecteurs 16 mm et 35 mm, ainsi que des lecteurs de cassettes vidéo et des supports numériques. L’exposition montre l’évolution des techniques de tournage, de conservation et de projection du cinéma africain.

Pour les organisateurs, il s’agit avant tout de rapprocher le public, notamment les jeunes générations, d’un patrimoine encore peu connu malgré son importance historique et culturelle. Le Burkina Faso, qui accueille depuis plus d’un demi-siècle le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), possède en effet une place singulière dans l’histoire du 7e art africain.

L’exposition retrace l’histoire du cinéma africain à travers d’anciens équipements de tournage, de projection et de conservation des œuvres audiovisuelles.

Présidant l’ouverture de l’événement, le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a rappelé que le patrimoine cinématographique constitue une composante essentielle du patrimoine national burkinabè.

« Aujourd’hui, quand on parle du patrimoine burkinabè, il est transversal. Il concerne aussi bien le patrimoine matériel que le patrimoine immatériel », a-t-il souligné, avant de rappeler que « le Burkina Faso demeure le premier à faire la promotion du cinéma africain » grâce au FESPACO.

Pour le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, préserver les archives du cinéma africain permet de sauvegarder la mémoire du continent.

Dans cette dynamique, les autorités culturelles ambitionnent désormais de franchir une nouvelle étape : la création d’un musée du cinéma africain à Ouagadougou. Selon le ministre, plusieurs équipements utilisés par de grands réalisateurs ont déjà été cédés à l’ABCA afin de constituer les premières collections de ce futur espace muséal.

« Ce musée verra le jour », a assuré le ministre, évoquant même une possible inauguration lors de la 30e édition du FESPACO prévue en 2027.

Au-delà de l’exposition physique, le gouvernement entend également accélérer la numérisation des archives cinématographiques conservées par la Cinémathèque africaine. Un chantier jugé indispensable dans un contexte où les mutations technologiques bouleversent les modes de production, de diffusion et de consommation des œuvres audiovisuelles.

Pour les responsables culturels, préserver ces archives revient à préserver une partie de la mémoire collective du continent. « C’est au Burkina que d’Afrique et du reste du monde devront venir pour apprendre l’histoire du cinéma africain », a affirmé le ministre, insistant sur la nécessité de protéger ce patrimoine contre l’oubli et la dégradation du temps.

La réflexion porte également sur les défis liés aux nouvelles technologies. Si l’ère numérique facilite aujourd’hui la production audiovisuelle, elle impose aussi de nouvelles exigences techniques et artistiques. Le ministre a ainsi invité les jeunes passionnés de cinéma à se former davantage afin de maîtriser ces outils modernes tout en respectant les standards du métier.

Il a notamment mis l’accent sur le rôle de l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS), appelé à devenir une référence dans la formation cinématographique au Burkina Faso et en Afrique.

Pour Léonce Tira, exposant et chef du département de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, cette exposition constitue surtout une démarche de transmission culturelle. Selon lui, conserver des objets sans les rendre accessibles au public n’aurait aucun sens.

« Donner de la valeur au patrimoine, c’est l’ouvrir au public », a-t-il expliqué, précisant que l’exposition présente aussi bien les anciens appareils photographiques que les équipements de tournage et de projection ayant marqué différentes générations de cinéastes africains.

À travers cette initiative, les autorités burkinabè veulent non seulement préserver l’héritage cinématographique africain, mais aussi encourager les nouvelles générations à raconter elles-mêmes l’histoire du continent.

Dans un contexte où les récits africains restent souvent racontés par d’autres, le Burkina Faso affiche clairement son ambition : faire de Ouagadougou le grand centre de mémoire, de conservation et de transmission du cinéma africain.

                                                                                                                   Saïbata GUIRO

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