Afin de réduire de manière significative les obstacles à l’éducation des filles dans les régions du Bankui et du Nakambé, le Ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, à travers la Direction générale des appuis spécifiques, a initié, en partenariat avec le Ministère en charge de la santé, la campagne de communication intitulée « Kom-pugli kaoreng yõodo ». Cette campagne vise à promouvoir la scolarisation et le maintien des filles à l’école. Elle a été officiellement lancée le samedi 18 avril 2026 à Dédougou et se poursuivra jusqu’au 30 avril 2026.
Dans le cadre du Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+), le Burkina Faso s’est engagé à renforcer l’accès des filles à l’éducation, notamment dans certaines régions où les taux de scolarisation demeurent faibles. Ainsi, dans les régions du Bankui et du Nakambé, les taux de scolarisation des filles s’élèvent respectivement à 36 % et 32 %, des niveaux nettement inférieurs à la moyenne nationale, estimée à 46 %, selon Maîmouna SANON, représentante du directeur général des appuis spécifiques. À l’en croire, ces faibles performances s’expliquent par une combinaison de facteurs, notamment les contraintes socioculturelles entravant l’accès et le maintien des filles à l’école, ainsi que l’insécurité et la précarité économique.

À cela s’ajoutent, souligne Maïmouna Sanon, les grossesses précoces en milieu scolaire, qui figurent parmi les principales causes d’abandon. En 2025, 450 cas ont été recensés dans le Bankui, contre 227 dans le Nakambé, illustrant l’ampleur du défi.
Pour répondre à ces problématiques, une stratégie de communication pour le changement social et comportemental a été élaborée, couvrant la période 2024-2028. Dans ce contexte, une campagne de communication est mise en œuvre afin de promouvoir la scolarisation, le maintien et la réussite scolaire des filles dans les régions du Bankui et du Nakambé.
Treize jours d’engagement pour l’avenir des filles
Baptisée « Kom-pugli kaoreng yõodo », qui signifie en mooré « l’importance de la scolarisation des jeunes filles » cette campagne se déroule sur une période de 13 jours, du 18 au 30 avril 2026. Elle prévoit notamment, selon le coordonnateur du projet SWEDD+, Michel Ouaba, l’organisation d’une caravane de presse réunissant des journalistes issus de médias nationaux et locaux, appelés à parcourir les communes de Dédougou, Tchériba, Boromo, Pâ, Tenkodogo, Garango et Dialgay.
Selon lui, leur mission consiste à réaliser des interviews et des reportages en vue de renforcer la visibilité des enjeux liés à l’éducation des filles, de mobiliser les acteurs locaux et de promouvoir des changements durables en faveur de leur scolarisation, de leur maintien et de leur réussite à l’école.

Le programme inclut également des échanges directs avec les autorités coutumières et religieuses afin d’obtenir des engagements concrets, ainsi que des activités de mobilisation sociale telles que des représentations de théâtre communautaire, des causeries éducatives et des émissions de radio de proximité.
La santé au cœur de la campagne
Des équipes mobiles, composées de sages-femmes et de maïeuticiens, offriront gratuitement des services de santé au sein des communautés visitées. Ces interventions incluront notamment des séances d’éducation à la santé de la reproduction, ainsi que des activités de dépistage du cancer du col de l’utérus, du cancer du sein, du VIH/SIDA et des hépatites virales.

Une dynamique collective portée par les autorités et les communautés
Après la cérémonie de lancement officiel, une requête solennelle a été soumise au chef de canton de Dédougou. Cette démarche a marqué une étape forte de la mobilisation en faveur de l’éducation des filles. « Au total, plus de 117 500 personnes devraient être touchées par les messages de la campagne, tandis que 25 000 individus verront leurs connaissances renforcées sur les questions de santé reproductive et de planification familiale », a laissé entendre Michel Ouaba.
Le Fonds des Nations Unies pour la population, par la voix de son représentant Résident, Yves SASSENRATH, a insisté sur l’égalité des chances entre filles et garçons. « Il n’y a rien que les garçons puissent faire que les filles ne puissent pas faire », a-t-il affirmé, appelant à reconnaître le rôle complémentaire des deux sexes dans le développement du pays.

À l’issue du plaidoyer, le chef de canton de Dédougou s’est engagé à défendre la cause en mobilisant son autorité morale et traditionnelle pour promouvoir la scolarisation et le maintien des jeunes filles à l’école. Cette initiative traduit la volonté de faire de cette campagne, un mouvement collectif impliquant institutions, organisations sociales et leaders communautaires, avec les filles elles-mêmes comme principales ambassadrices.

À travers la campagne « Kom-pugli kaoreng yõodo », le Burkina Faso réaffirme sa volonté de placer l’éducation des filles au rang de priorité nationale. Une ambition partagée, portée à la fois par les institutions, les communautés et les jeunes filles elles-mêmes, désormais actrices majeures de leur propre avenir.
Saïbata GUIRO








Merci pour ce combat