Ouagadougou, le 17 septembre 2026 — Le Président du Faso, Chef de l’Etat, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé ce jeudi la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, le Camarade Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, plusieurs dossiers majeurs ont été examinés, dans le droit fil des orientations de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) et des aspirations exprimées par le Peuple burkinabè.
Au nombre des décisions retenues figure l’adoption, au titre du ministère des Serviteurs du Peuple, d’un décret portant création et organisation de l’Inspection générale des ressources humaines (IGRH). Une réforme institutionnelle que le Ministre des Serviteurs du Peuple, le Camarade Mathias TRAORÉ, situe résolument dans la dynamique de transformation profonde de l’Administration publique voulue par la RPP.
Un diagnostic préalable qui éclaire la décision
Cette création ne procède pas d’une initiative isolée. Elle s’appuie sur les conclusions d’un travail conduit en 2025 par la Commission de régulation des dysfonctionnements (CRD), mandatée pour dresser un état des lieux exhaustif des dysfonctionnements observés au sein de l’Administration publique.

Le constat posé par le Ministre TRAORÉ est net : les irrégularités relevées ne pouvaient être entièrement traitées par les seuls conseils de discipline, dont le champ d’intervention demeure circonscrit aux fautes individuelles. Le Ministre a par ailleurs souligné qu’une partie du personnel de l’Etat est mise à la disposition d’autres institutions et structures publiques — une réalité qui, en l’absence d’un dispositif de contrôle transversal, échappait jusque-là à un suivi rigoureux et centralisé.
Une structure transversale, pour un contrôle sans zone grise
C’est précisément pour combler cet espace que le Gouvernement a décidé de doter l’Etat d’une structure habilitée à auditer et à contrôler l’ensemble de la gestion des ressources humaines publiques, y compris celles mises à la disposition d’autres administrations.
Selon le Ministre des Serviteurs du Peuple, l’Inspection générale des ressources humaines permettra ainsi :
– de connaître avec précision l’effectif réel des agents de l’Administration publique ;
– de contrôler l’utilisation effective qui est faite de ce personnel, quelle que soit sa structure d’affectation ;
– de suivre la rémunération correspondante, en vue de maîtriser à la fois les effectifs et la masse salariale de l’Etat.
Une réforme aux enjeux financiers et institutionnels certains
Au-delà de sa dimension purement administrative, cette mesure s’inscrit dans un objectif plus large de rationalisation de la gestion publique. En croisant effectifs réels, affectations effectives et rémunérations, l’Etat se donne les moyens d’identifier d’éventuels dysfonctionnements — doublons, usages non conformes du personnel ou décalages entre postes occupés et rémunérations perçues — qui pèsent, dans bien des administrations, sur l’efficacité de la dépense publique.
Ce qu’il conviendra de suivre
La cohérence de cette réforme avec le diagnostic qui la fonde ne fait guère de doute. Sa portée réelle dépendra toutefois des conditions de sa mise en œuvre, et notamment :
– de l’articulation entre l’IGRH et les conseils de discipline déjà existants ;
– des moyens humains, techniques et budgétaires qui lui seront effectivement alloués ;
– du degré d’indépendance dont elle disposera dans l’exercice de ses missions de contrôle ;
– du calendrier de son opérationnalisation sur l’ensemble du territoire et des institutions concernées.
En somme
Par cette décision, le Gouvernement confirme une méthode déjà observée dans d’autres dossiers : un diagnostic préalable confié à une commission dédiée, suivi de la création d’un outil institutionnel censé traduire ce constat en action durable. La création de l’Inspection générale des ressources humaines illustre, une fois de plus, la volonté affichée de bâtir une Administration publique plus rigoureuse, plus transparente et davantage tournée vers la maîtrise de ses propres ressources.
Abdouramane Abdoulaye MAIGA







