Lutte contre le paludisme : le Burkina Faso enclenche une mobilisation nationale pour l’assainissement

Ouagadougou, le 08 août 2026 – Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa lutte contre le paludisme. Une vaste opération nationale de salubrité et d’assainissement a été lancée, avec un appel pressant à la mobilisation permanente des collectivités territoriales et des populations. Objectif : éradiquer les gîtes larvaires et faire reculer durablement la maladie.

Combattre le paludisme ne se joue pas uniquement dans les hôpitaux et les centres de santé. C’est le sens du message porté par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, relayé par Émile Zerbo, ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de détruire les gîtes larvaires, principaux foyers de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

La délégation ministérielle et les chefs traditionnels

Pour lui, chaque espace de vie – quartier, secteur, village, concession – doit être débarrassé des eaux stagnantes propices à la prolifération des moustiques. « Nous devons donc faire de chaque commune, chaque secteur, de chaque village et de chaque quartier, un espace propre, assaini et débarrassé des eaux stagnantes qui favorisent la prolifération des moustiques », a-t-il déclaré.

Les autorités administratives et locales sont directement interpellées. Gouverneurs, hauts-commissaires, préfets et présidents de délégations spéciales sont appelés à faire de l’assainissement une priorité de leur action, notamment à travers l’intensification du curage des caniveaux, de la gestion des déchets et de l’évacuation des eaux stagnantes. La sensibilisation des populations complète ce dispositif et en constitue un pilier essentiel.

Chaque ménage, un acteur de la prévention

Au-delà des actions publiques, la responsabilité individuelle est mise en avant. Nettoyer les abords des habitations, éliminer les eaux stagnantes, se débarrasser des objets pouvant retenir l’eau – à l’image des pneus usagés – sont autant de gestes simples mais déterminants. « Ce geste paraît être un geste simple, mais c’est un geste qui sauve des vies », a rappelé Émile Zerbo.

Le message des autorités est sans équivoque : la lutte contre le paludisme ne portera ses fruits que si elle est menée conjointement par l’État, les collectivités territoriales et les communautés. Organisations communautaires, jeunes, femmes et citoyens sont invités à s’engager durablement, afin que les journées nationales de lutte contre le paludisme deviennent un rendez-vous régulier de mobilisation et d’assainissement.

Des opérations mensuelles pour ancrer les acquis

Fini les campagnes ponctuelles. La nouvelle orientation mise sur la régularité : les opérations d’assainissement seront désormais reconduites chaque mois, afin de renforcer durablement la lutte contre les gîtes larvaires, le paludisme et les autres maladies à transmission vectorielle.

Cette stratégie repose sur une coordination entre plusieurs acteurs : les équipes techniques assurent le suivi des opérations, tandis que collectivités et communautés maintiennent les efforts sur le terrain. L’assainissement est ainsi élevé au rang d’acte citoyen, contribuant directement à la protection de la santé publique.

Un Burkina plus résilient face aux maladies vectorielles

Cette mobilisation vise également à renforcer la conscience collective sur le lien entre environnement et santé. Une concession mal entretenue, un caniveau obstrué, un pneu abandonné ou une simple flaque d’eau peuvent, dans certaines conditions, devenir des foyers de reproduction des moustiques.

La lutte contre le paludisme devient donc l’affaire de tous, nécessitant l’implication conjointe des services de l’État, des collectivités, des organisations communautaires et des citoyens. L’ambition est claire : transformer les journées nationales de lutte contre le paludisme en un véritable mouvement national d’intensification de l’assainissement et du civisme, renforçant à terme la résilience des communautés.

En définitive, le combat contre le paludisme se joue autant dans les rues, les concessions et les caniveaux que dans les structures sanitaires. En érigeant l’élimination des gîtes larvaires en action régulière et collective, le Burkina Faso place résolument la prévention au cœur de sa stratégie sanitaire.

Clément KABA

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