L’ambassade de Chine à Ouagadougou a célébré, le 28 juillet 2026, le 99e anniversaire de la fondation de l’Armée populaire de Libération (APL). En présence du ministre chargé de la Guerre, le Général de Division Célestin Simporé, et du Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (AES), Bassolma Bazié, la cérémonie a permis à Pékin de réaffirmer son soutien au Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme et de présenter son armée comme une force « défensive », engagée pour la paix internationale.
Pour la Chine, cette date commémore la naissance de l’APL, issue du soulèvement de Nanchang du 1er août 1927, moment fondateur de l’histoire révolutionnaire du pays. Elle renvoie également aux notions de souveraineté, d’unité nationale et de protection de la patrie.
Un partenariat que Pékin veut « stratégique »

Dans son discours, l’ambassadeur de Chine au Burkina Faso, Zhao Deyong, a salué la présence des autorités burkinabè, y voyant un signe de l’attention particulière accordée par le capitaine Ibrahim Traoré et son gouvernement aux relations entre les deux pays et à la coopération entre leurs armées. Il a inscrit cette commémoration dans un cadre plus large, évoquant le 105e anniversaire du Parti communiste chinois et le lancement du 15e Plan quinquennal de la Chine, ainsi que le 70e anniversaire des relations diplomatiques sino-africaines et l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique.
Le diplomate a rappelé la ligne défendue par Pékin en matière de défense, présentée comme « défensive » et tournée vers la paix et la sécurité internationales et régionales, ainsi que les initiatives portées par la Chine en matière de développement, de sécurité, de civilisation et de gouvernance mondiale.
« La Chine est disposée à travailler main dans la main avec le Burkina Faso, à approfondir la coopération pragmatique dans tous les domaines, et à bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle », a déclaré Zhao Deyong, ajoutant vouloir « promouvoir la modernisation de la Chine et de l’Afrique au service de la modernisation du Sud global ».
L’APL, une force au cœur du maintien de la paix mondial
L’attaché de défense chinois au Burkina Faso, Ma Tengfei, a mis en avant la contribution de l’APL aux opérations de maintien de la paix, à la sécurité maritime et aux secours humanitaires. Selon lui, la Chine est aujourd’hui le premier contributeur en effectifs parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et le deuxième contributeur financier à ces opérations, avec une force de réserve permanente de 8 000 soldats prête à être déployée.

Depuis sa première participation à une mission de maintien de la paix de l’ONU en 1990, la Chine a envoyé plus de 50 000 militaires dans des missions déployées dans plus de vingt pays et régions ; 17 soldats chinois y ont perdu la vie, a-t-il rappelé.
« À la fin du mois de juin de cette année, 48 rotations avaient été effectuées, mobilisant plus de 150 navires et 36 000 officiers et soldats. Ces opérations ont assuré la protection de plus de 7 400 navires chinois et étrangers répartis sur plus de 1 700 convois », a-t-il détaillé, évoquant les missions d’escorte de la marine chinoise dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes, où plus de la moitié des navires escortés étaient étrangers.
« L’armée chinoise demeure une force résolue au service de la paix mondiale. Elle est disposée à approfondir les échanges pragmatiques et la coopération avec les forces armées du Burkina Faso ainsi qu’avec celles de tous les pays », a-t-il ajouté, réaffirmant l’engagement de la Chine aux côtés de Ouagadougou depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
Simporé : « des points communs » entre Ouagadougou et Pékin

Prenant la parole à son tour, le Général de Brigade Célestin Simporé, ministre chargé de la Guerre, a souhaité une bonne célébration à la Chine, relevant que le Burkina Faso et la Chine partagent des points communs : la défense jalouse de leur souveraineté nationale et le droit inaliénable de guider leurs propres destins.
« Je m’incline devant la force, le courage, la résilience et l’engagement de l’armée populaire de libération depuis sa naissance, lors du soulèvement de Nanchang, le 1er août 1927 jusqu’à nos jours », a déclaré le ministre, saluant l’appui « concret et pragmatique » de la Chine dans la lutte contre le terrorisme, qu’il a qualifié de témoignage d’une amitié sincère et agissante.
« Les succès que nos forces combattantes engrangent sur le terrain sont aussi le fruit d’un partenariat technique, solide et respectueux de nos priorités », a-t-il ajouté, avant de souhaiter une fructueuse mission au nouvel attaché de défense accrédité de la Chine au Burkina Faso.
Une commémoration aux allures de tribune diplomatique
Au-delà de la solennité du moment, cette commémoration a servi de tribune pour réaffirmer la profondeur d’un partenariat que Pékin présente comme stratégique. Dans le contexte sécuritaire et diplomatique actuel, la Chine entend visiblement consolider sa présence à Ouagadougou, tout en donnant à voir une armée qu’elle décrit comme une force de paix, de stabilité et de progrès.
La rédaction







