SAMU Burkina : un an après son opérationnalisation, le service lève le voile sur ses coulisses

OUAGADOUGOU, 22 juillet 2026  — Un an après son opérationnalisation complète, le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) Burkina a ouvert ses portes aux journalistes ce mardi 22 juillet 2026, à l’occasion d’une journée d’immersion médiatique organisée par la Direction de la communication et des relations presse (DCRP) du ministère de la Santé, en collaboration avec la Direction générale du SAMU Burkina. Objectif affiché : dresser le bilan d’une année d’activités et, surtout, faire connaître davantage un service qui demeure encore trop peu identifié par les populations.

Salle de régulation, départ d’ambulances médicalisées, transferts de patients : la visite organisée pour la presse a permis de mieux comprendre le rôle de ce service devenu indispensable dans la prise en charge des urgences. Dans la salle de régulation, un écran affiche en temps réel les mouvements des équipes déployées sur le terrain.
Point d’orgue de cette immersion, les journalistes ont pu suivre en direct une équipe du SMUR dans l’exercice de sa mission : assurer le transfert d’un patient entre le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) et un autre centre de santé, illustration concrète de ce que recouvre, au quotidien, une intervention secondaire.
Au-delà du bilan d’étape, cette journée d’immersion visait avant tout à rapprocher le service des populations, dont la majorité ignore encore l’existence du numéro d’urgence 15.

Trois piliers, un bilan chiffré

Romuald Kafando, ingénieur de santé.

La toute première intervention du SAMU à Ouagadougou remonte au 11 décembre 2023. Le lancement officiel du service est intervenu le 10 avril 2025 à Ouagadougou, puis le 8 novembre 2025 à Bobo-Dioulasso. Le dispositif repose sur trois piliers essentiels : la régulation, le SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et la formation. Un an après son opérationnalisation complète, le SAMU comptabilise 216 459 appels traités et 15 531 transports, dont 4 121 interventions primaires et 11 219 transports secondaires.
Le SMUR, un véritable service intensif mobile
Présenté aux journalistes par Romuald Kafando, ingénieur de santé, le véhicule médicalisé du SMUR embarque brancard, aspirateur, moniteur de surveillance, oxygène, médicaments et consommables, avec à son bord un personnel qualifié composé d’un médecin, d’un infirmier et d’un chauffeur ambulancier formés en la matière. Pendant tout le trajet, le patient est suivi comme s’il se trouvait déjà dans une unité de soins intensifs.

« Une juste vision des plus hautes autorités »

Directeur général du SAMU Burkina Faso, le Pr Armel Flavien Kaboré se félicite de la montée en puissance du service : « Un an après l’opérationnalisation complète du SAMU, nous avons constaté une augmentation des sollicitations du SAMU par les populations burkinabè, ce qui témoigne de l’importance que le SAMU représente dans la gestion des urgences sanitaires au niveau de la ville de Ouaga et de la ville de Bobo-Dioulasso. Cela permet de saluer la juste vision des plus hautes autorités de ce pays qui ont œuvré à la mise en place du SAMU, un outil indispensable dans la prise en charge de la santé de nos populations. »

SAMU et BNSP : des services complémentaires

Pr Armel Flavien Kaboré, Directeur général du SAMU Burkina Faso.

Interrogé sur une éventuelle redondance avec la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), le directeur général du SAMU est catégorique : « Nous sommes complémentaires, parce que nous intervenons avec des moyens médicalisés. Lorsque la vie de la personne est en danger dans les minutes qui suivent la réception de l’appel, nous intervenons pour préserver sa vie et assurer son transfert vers la structure de santé adaptée à sa prise en charge. »

Des renforts en personnel et en ambulances annoncés

Le SAMU ne cache toutefois pas ses difficultés, notamment en matière de ressources humaines et de moyens roulants : « Nous avons des difficultés en termes d’insuffisance de ressources humaines, parce que la ressource humaine est la première ressource de toute structure. Les plus hautes autorités du ministère ont prévu de nous accompagner en nous octroyant du personnel pour nous permettre de nous déployer de façon plus efficace sur le terrain. En plus de cela, nous avons des difficultés en termes de véhicules terrestres, notamment les ambulances. Il arrive des moments où la sollicitation est tellement forte que nous n’avons pas la possibilité de satisfaire à la demande, et cela est prévu dans le plan d’approvisionnement du ministère de la Santé, qui va nous octroyer dans les mois à venir des ambulances pour nous permettre d’être plus opérationnels. »

Interventions primaires et secondaires : un service encore trop peu sollicité en amont

Bilan des transports

Le SAMU distingue deux types d’interventions : les interventions primaires, d’urgence, lorsque ses équipes portent les premiers secours à la victime avant son transfert vers une structure adaptée, et les interventions secondaires, qui consistent à transférer un patient d’une structure de santé vers une autre. Sur près de 15 000 interventions déjà réalisées, un peu plus de 10 000 sont des interventions secondaires, contre 4 500 à 4 600 interventions primaires. Un déséquilibre que le Pr Kaboré attribue directement à un déficit de notoriété : « Le SAMU n’est pas totalement connu des populations. C’est pour cela que nous incitons la population à ne pas hésiter à faire appel au SAMU chaque fois qu’une situation de détresse vitale se posera au sein de la communauté. Je rappelle que ces interventions primaires sont entièrement gratuites : le gouvernement a pris ces mesures pour permettre à chaque Burkinabè d’avoir des soins d’urgence extrahospitaliers, quelle que soit sa situation sociale, ce qui permet d’avoir une certaine équité dans les soins d’urgence. »

Le 15, un numéro à préserver face aux appels malveillants

Autre défi pour la visibilité et l’efficacité du service : la mauvaise utilisation du numéro d’urgence. Selon les statistiques internes, près de 48 % des appels reçus sont qualifiés de malveillants, sans lien avec une sollicitation médicale. Le directeur général du SAMU lance un appel à la responsabilité citoyenne : « Nous profitons de votre antenne pour lancer un appel à la population afin qu’elle fasse un usage citoyen du numéro 15, parce que ce numéro est exclusivement réservé aux situations d’urgence. Pendant que vous nous appelez pour un problème qui n’en est pas un, vous occupez la ligne, et cela empêche de porter secours à une personne qui serait effectivement dans le besoin. »

Le SAMU peut aussi intervenir à domicile

Évacuation d’un patient du service d’urologie-andrologie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo vers un autre centre de santé.

Malaise, accident de la circulation ou du travail : le SAMU rappelle qu’il peut être sollicité en dehors de toute structure de santé. « C’est l’une des missions principales du SAMU : gérer une urgence qui surviendrait en dehors d’une structure de santé. Toute personne victime d’un malaise, ou témoin d’une personne présentant un malaise ou un problème de santé urgent, ne doit pas hésiter à appeler le 15. Cela nous permettra de déployer une équipe sur place pour stabiliser le patient et assurer son transport vers une structure de santé adaptée. Ces interventions sont entièrement gratuites : nous sommes là pour servir la population burkinabè », conclut Pr Armel Flavien Kaboré .
Un an après sa pleine opérationnalisation, le SAMU Burkina affiche donc un bilan solide, mais reste confronté à un défi majeur : se faire connaître. À travers cette journée d’immersion, la Direction générale du service et le ministère de la Santé entendent inviter chaque Burkinabè à retenir un seul réflexe en cas d’urgence vitale : composer le 15.

Dramane FAYAMA

Facebook
X
LinkedIn
S’abonner
Notification pour
guest

0 Comments
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

SALLE DE CONFÉRENCE – LA COLOMBE PLUS

Le cadre idéal pour vos réunions, formations et événements professionnels !

Offrez à vos équipes et partenaires un espace moderne, confortable et parfaitement équipé pour réussir vos rencontres professionnelles.
La salle de conférence La Colombe Plus est disponible tous les jours, sur réservation.

Ce que nous mettons à votre disposition :

  • Salle climatisée et insonorisée
  • Internet haut débit
  • Vidéoprojecteur + Écran
  • Sonorisation complète
  • Chaises confortables
  • Table de direction

Restauration sur demande : pauses-café, cocktails, déjeuner

Parking sécurisé

Idéal pour :

  • Formations
  • Réunions d’entreprise
  • Ateliers & séminaires
  • Conférences de presse
  • Sessions de coaching
  • Présentations commerciales
  • Rencontres institutionnelles

Réservations : 70 61 26 24 / 76 69 79 71 / 70 03 55 64

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x